On s’imagine souvent que l’aventure nécessite de franchir des océans ou de dompter des sommets lointains. Pourtant, comme le suggère David Grayson : «L’aventure ne se trouve pas à l’extérieur, elle est à l’intérieur.» Notre monde intérieur est, de fait, le territoire le plus vaste, le plus sauvage et le plus mystérieux qu’il nous soit donné d’explorer. En acceptant de descendre au fond de nous-mêmes, nous cessons d’être les spectateurs passifs de notre existence pour en devenir les acteurs passionnés. Nous devenons les héros de notre propre histoire.
Le Carême est précisément ce temps de mise en mouvement, une expédition spirituelle où l’on accepte de quitter nos rivages familiers pour explorer la part d’inconnu qui nous habite.
Même si nos pas sont chancelants, même si notre prière balbutie, chaque mot que nous risquons et chaque geste de foi tracent un chemin nécessaire. Le Carême, cette traversée du désert, nous rappelle une vérité fondamentale : sur ce chemin de dépouillement, nous ne sommes jamais seuls.
Au cœur de cette marche, nous ne sommes pas livrés au hasard. Nous portons une boussole intérieure, un magnétisme spirituel. Parfois discrète, parfois silencieuse, elle nous attire inlassablement vers notre « Nord » — vers l’Essentiel, vers ce qui fait vibrer notre cœur de vérité.
Cette boussole n’est autre que la présence de Dieu en nous. Même lorsque la route se fait sinueuse ou que le brouillard se lève, ce fil invisible nous guide vers ce qui est juste et vivant : la lumière de la Résurrection.
D’après C.Dethier
